Scène de crime à Montezuma

🇪🇸 versión española más abajo

🇫🇷 A la mi-juin, après une nouvelle halte de quelques jours à San José, j’ai choisi de visiter la péninsule de Nicoya, au nord-ouest du Costa Rica. Je me suis installé précisément à Montezuma, une petite localité à l’ambiance bohème qui, comme Dominical, attire elle aussi beaucoup de routards et de surfeurs.

IMG_0607-001

Embarquement sur le ferry à Puntarenas

Le parcours de San José à Montezuma est déjà en lui-même une belle expérience. Parti sous des trombes d’eau et des coups de tonnerre, le bus se dirige plein ouest et atteint Puntarenas en 3 heures environ. Ici, on embarque sur un ferry qui traverse le golfe de Nicoya, un bras de l’océan Pacifique qui sépare la péninsule de l’essentiel du territoire costaricien. La traversée dure 1 heure 15 et, en fin de journée, elle offre de superbes couchers de soleil sur la péninsule. A défaut d’iPhone, toujours pas remis de sa baignade, j’ai pu utiliser mon iPad pour immortaliser ce magnifique spectacle. On débarque du ferry dans la baie de Paquera et le bus reprend sa route pour environ 1 heure jusqu’à Cóbano. Là, il faut effectuer un changement de bus pour une vingtaine de minutes de route encore, une route pas complètement goudronnée et qui termine par une descente impressionnante jusqu’à la plage de Montezuma.

IMG_0653

Coucher de soleil sur la péninsule de Nicoya

Montezuma (parfois aussi appelée Moctezuma, allez savoir pourquoi…) se situe près de la pointe sud de la péninsule de Nicoya, à l’entrée du golfe. Contrairement à mes 2 précédentes étapes côtières, à Quepos – Manuel Antonio et à Dominical, je n’étais donc pas directement au bord de l’océan Pacifique. Je me suis installé dans une auberge rustique située juste avant le village, dans la descente, au milieu des arbres. J’y ai vu de nombreux singes capucins, très habiles pour sauter d’arbre en arbre, très malicieux pour tenter de voler un peu de nourriture, parfois même un tantinet agressifs, montrant les dents. J’y ai aussi entendu des singes hurleurs, qui méritent bien leur nom. J’ai remarqué qu’il n’aimaient pas trop le bruit des bus et camions qui descendaient la côte, et qu’ils essaient donc de couvrir ces bruits par leurs hurlements. Manque de chance, les premiers livreurs et les premiers bus arrivent tôt le matin… Les hurlements de singes démarrent donc très fort. Cela fait un réveil moins agréable que des chants d’oiseaux, mais en revanche c’est plus exotique !

Le village de Montezuma est clairement orienté vers le tourisme : agences touristiques proposant des excursions dans les environs, des activités et des quads en location pour quelques heures, restaurants, bars, magasins de souvenirs, hôtels, hostels, etc. Aussi, dans la rue qui longe la plage, s’installent des vendeurs d’artisanat… et, semble-t-il, de marijuana. Parmi les attractions naturelles, comme à Dominical, il y a de belles plages et aussi quelques cascades que l’on atteint en grimpant un peu à l’intérieur des terres.

IMG_0707

Mon auberge à Montezuma

Je vais vous parler surtout de ces plages, hélas sans photos à l’appui des plages les plus belles, éloignées du village, ne souhaitant pas exposer mon iPad à des conditions naturelles très oxydantes. Je vais vous parler de ces belles plages, dont moi aussi j’ai dû imaginer la beauté naturelle, en effaçant l’horreur dans les images que percevaient mes yeux. Jamais de ma vie je n’avais été témoin direct d’une preuve aussi flagrante, aussi dégoûtante, aussi révoltante, du crime contre l’environnement dont est responsable l’humanité, dont nous sommes tous responsables. Près du village, les plages sont naturellement protégées et plus facilement nettoyées mais, après une quinzaine de minutes de marche, le sable commence à être maculé. Au bout d’une heure, j’atteins une belle et longue langue de sable entièrement souillée de déchets rejetés par l’océan : du plastique principalement (bouteilles, seaux, casques de chantiers, brosses à dents, morceaux de plastique dur, particules de plastique souple, etc.), mais aussi des chaussures, des canettes en aluminium, des bouteilles en verre, etc. En en parlant à mon auberge, d’autres voyageurs me disent qu’ils ont même vu des seringues. Lors de ma deuxième visite à cette plage prisée des surfeurs pour les vagues qui y déferlent souvent, le désastre était un peu moins horrible, sans doute parce que les courants avaient repris une partie des déchets sur la partie basse de la plage. Sur la partie haute, je vois quelques personnes qui s’affairent minutieusement dans le sable. Je m’approche de l’une d’entre elles. C’est une chercheuse en environnement venue de Floride. Ici, avec d’autres professionnels et des volontaires, elle participe à un programme pour la préservation des tortues marines. La saison de la ponte va bientôt démarrer. Comme chacun de ses collègues, elle est responsable d’un carré de sable d’environ 5 mètres de côté. Elle me dit que la veille, elle a passé plusieurs heures à ramasser les plus grosses pièces. Elle en avait récolté près de 200. Et elle me confirme qu’à plus de 90%, il s’agissait de plastique. Le jour de notre conversation, elle s’occupait des morceaux plus petits, de l’ordre d’un centimètre ou deux. Elle reviendrait le lendemain pour récolter les minuscules morceaux. Je regardais la plage et je mesurais l’ampleur de la tâche. Sans compter que chaque jour, c’est la loterie : l’océan peut aussi bien faire un peu le ménage ou rapporter des quantités plus ou moins importantes de déchets. Rien ne garantit que, malgré ce travail titanesque, les tortues parviendront à se frayer un chemin à travers les débris… Ce qui est sûr, c’est que sur la plage ou dans l’eau, elles seront blessées et contaminées par ces ordures, par nos ordures…

Combien de tonnes de déchets encombrent aujourd’hui les mers et les océans ? Comment sera-t-il possible de les éliminer ? C’est hélas impossible de répondre à ces questions. Par contre, ce qu’il est possible de faire, dans notre quotidien, c’est de limiter drastiquement l’usage de matière plastique, de réutiliser les emballages, de recycler complètement et correctement, d’exiger de nos gouvernements l’interdiction des transports de déchets par voie maritime, c’est-à-dire leur traitement au plus près de leur lieu de production, d’exiger des lois pénales pour lutter contre la criminalité environnementale, et sans doute bien d’autres choses encore…

Ils étaient propres nos océans, il y a une centaine d’année… Elle devait être splendide cette plage, il y a quelques dizaines d’années… Elle est superbe notre planète. Le sera-t-elle toujours autant dans une dizaine d’années ? Il est temps d’arrêter de regarder ce triste spectacle et de nous lamenter en nous disant qu’on n’arrivera jamais à éviter le désastre. Faisons tous comme le colibri de la légende amérindienne racontée par le sage Pierre Rabhi, faisons tous notre part. Soyons tous des colibris. Et si nous ne le faisons pas pour nous, faisons-le au moins pour les générations futures, pour qu’elles aient le droit de découvrir de belles plages immaculées, de jouir d’une planète propre et resplendissante de ses couleurs naturelles.

N.B. : N’ayant pas pu prendre de photos de la scène de crime, je joins une photo libre de droit trouvée sur internet. Imaginez ceci recouvrant à marée haute toute la surface d’une plage d’environ un kilomètre de long, et vous aurez une idée de ce que j’ai vu au bout de mes promenades.

plastic-1433138_640

La scène de crime que j’ai vue à Montezuma, c’est comme cette photo… sur 1 kilomètre

🇪🇸 Traducción del título desde el francés: Escena de crimen en Montezuma

A mediados de junio, tras otra parada de unos días en San José, elegí de ir a visitar la península de Nicoya, en el noroeste de Costa Rica. Me instalé precisamente en Montezuma, una pequeña localidad de ambiente bohemio que, igual como Dominical, atrae muchos mochileros y muchos surfistas.

IMG_0675

Anochecer sobre la península de Nicoya

El recorrido de San José a Montezuma ya es una linda experiencia en sí. Tras salir bajo trombas de agua y truenos, el bus se dirige hacia el oeste y alcanza Puntarenas en unas 3 horas. Aquí, embarcamos en un ferry  que atraviesa el golfo de Nicoya, un brazo del océano Pacífico que separa la península de la mayor parte del territorio costarricense. La travesía tarda 1 hora y 15 minutos y, a final del día, ofrece unos anocheceres maravillosos sobre la península. A falta de iPhone, aún sin recuperarse de su baño, pude usar mi iPad para inmortalizar este espectáculo espléndido. Desembarcamos del ferry en la bahía de Paquera y el bus retoma la carretera para más o menos 1 hora hasta Cóbano. Allí, hay que hacer un cambio de bus para unos 20 minutos de carretera aún, una carretera por partes sin asfaltar y que termina con una bajada impresionante hasta la playa de Montezuma.

IMG_0721

Mono capuchino buscando algo en una bolsa /// Singe capucin cherchant quelque chose dans un sac

Montezuma (a veces nombrada Moctezuma, idos a saber por qué…) se encuentra cerca de la punta sur de la península de Nicoya, en la entrada del golfo. Al contrario de mis 2 etapas costeras anteriores, en Quepos – Manuel Antonio y en Dominical, no estaba entonces directamente en la orilla del océano Pacífico. Me instalé en un hostel rústico, situado a poca distancia del pueblo, en la bajada, en medio de los árboles. Allí vi muchos monos capuchinos, muy hábiles para saltar de un árbol a otro, muy traviesos para tratar de robar un poco de comida, a veces incluso un pelín agresivos, enseñando sus dientes. Allí también oí unos monos aulladores, que bien se merecen su nombre. Noté que no les gustaba el ruido de los buses y camiones que bajaban la cuesta, y que entonces intentan de cubrir estos ruidos con sus aullidos. Mala suerte, los primeros repartidores y los primeros buses llegan temprano por la mañana… Los aullidos de los monos arrancan muy fuerte entonces. Eso constituye un despertador menos agradable que los cantos de pájaros, pero en cambio ¡es más exótico!

El pueblo de Montezuma está claramente orientado hacia el turismo: agencias turísticas que proponen excursiones en los alrededores, actividades y quads de alquiler para unas horas, restaurantes, bares, tiendas de souvenirs, hoteles, hostels, etc. Además, en la calle que bordea la playa se instalan vendedores de artesanía… y, según parece, de marijuana. Entre las atracciones naturales, igual como en Dominical, hay lindas playas y también unas cascadas que se alcanzan trepando un poco tierra adentro.

IMG_0701

Anochecer sobre la península de Nicoya

Os voy a contar sobretodo acerca de estas playas, desgraciadamente sin fotos como prueba de las playas más hermosas, alejadas del pueblo, por no querer exponer mi iPad a condiciones naturales muy oxidantes. Os voy a contar sobre estas playas hermosas, cuya belleza yo también tuve que imaginar, borrando el horror en las imágenes que captaban mis ojos. Nunca en mi vida había sido un testigo directo de una prueba tan flagrante, tan repugnante, tan indignante, del crimen contra el medio ambiente del cual la humanidad es responsable, del cual todos nosotros somos responsables. Cerca del pueblo, las playas están naturalmente protegidas y más fácil de limpiar pero, a unos 15 minutos caminando, la arena empiezan a ser ensuciada. Tras una hora, llego a una linda y larga lengua de arena completamente manchada de desechos devueltos por el océano: plástico principalmente (botellas, cubos, cascos de obra, cepillo de dientes, trozos de plástico duro, partículas de plástico flexible, etc.), pero también zapatos, latas de aluminio, botellas de vidrio, etc. Comentándolo en mi hostel, otros viajeros me dicen que vieron incluso jeringas. En mi segunda visita a esta playa preciada de los surfistas por las olas que a menudo rompen allí, el desastre estaba un poco menos horrible, sin duda porque las corrientes habían retomado una parte de los desechos en la parte baja de la playa. En la parte alta, veo unas personas que se ocupan buscando meticulosamente en la arena. Me acerco a una de ellas. Es una investigadora en medio ambiente, venida de Florida. Aquí, con otros profesionales y voluntarios, participa a un programa para la preservación de las tortugas marinas. La temporada de puesta va a empezar en breve. Al igual que cada uno de sus compañeros, ella es responsable de un cuadrado de arena de unos 5 metros de lado. Me dice que, el día anterior, pasó varias horas recolectando las piezas más grandes, casi 200 piezas. Y me confirma que se trataba de plástico en más de 90 % de los objetos. El día de nuestra conversación, se dedicaba a trozos más pequeños, de un centímetro o dos. Volvería el día siguiente para recolectar los trozos minúsculos. Yo miraba la playa y medía el alcance de la tarea. Sin contar que cada día es una lotería: el océano puede tanto hacer un poco de limpieza como devolver cantidades más o menos importantes de desechos. Nada garantiza que las tortugas consigan abrirse camino a traves de los fragmentos, a pesar de este trabajo colosal… Lo que sí está claro, es que en la playa o en el agua, se lesionarán y se contaminarán por esta basura, por nuestra basura…

¿Cuántas toneladas de desechos estorban hoy las mares y los océanos? ¿Cómo será posible eliminarlos? Desgraciadamente es imposible responder a estas preguntas. En cambio, lo que sí es posible hacer, en nuestro día a día, es limitar drásticamente el uso de materia plástica, de reutilizar los envases, de reciclar completamente y correctamente, de exigir de nuestros gobiernos la prohibición del transporte de desechos por vía marítima, es decir su tratamiento lo más cerca posible de su lugar de producción, de exigir leyes penales para luchar contra la criminalidad medioambiental, y sin duda muchas cosas más…

Estaban limpios, nuestros océanos, unos cien años atrás… Debía de ser espléndida esta playa, unas docenas de años atrás… Es hermoso nuestro planeta. ¿Seguirá siendo igual de hermoso en una docena de años? Ya es tiempo de dejar de mirar este triste espectáculo y de lamentarnos diciéndonos que nunca conseguiremos evitar el desastre. Hagamos todos igual como el colibrí en esa leyenda amerindia (también contada en francés por el sabio Pierre Rabhi), hagamos todos nuestra parte. Seamos todos colibríes. Y si no lo hacemos por nosotros mismos, hagámoslo por lo menos para las futuras generaciones, para que tengan el derecho de descubrir hermosas playas inmaculadas, de disfrutar de un planeta limpio y resplandeciente de sus colores naturales.

Nota: Por no haber podido tomar fotos de la escena del crimen, adjunto una foto libre de derechos encontrada en internet. Imaginad ésto cubriendo en marea alta toda la superficie de una playa de un kilómetro de largo, y tendréis una idea de lo que vi al final de mis paseos.

A propos Rémy

FR - Voyageur, blogueur, citoyen du monde, humaniste écologiste, nomade digital. ES - Viajero, bloguero, ciudadano del mundo, humanista ecologista, nómada digital. EN - Traveler, blogger, citizen of the world, humanist and ecologist, digital nomad.
Cet article, publié dans Costa Rica, Environment, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Scène de crime à Montezuma

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s