Valladolid et le vrai-faux suspense de Chichén Itza

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🇪🇸 versión española más abajo 

🇫🇷 Moins de 2 semaines avant la fin de mon périple dans le sud du Mexique, j’ai poursuivi mon chemin de retour vers l’est en faisant étape pour quelques jours à Valladolid. Décidément, l’état du Yucatán est spécialiste des villes homonymes à des villes espagnoles! Mais je n’ai pas trouvé ici plus de ressemblance avec sa paire espagnole que je n’en avais trouvée à Mérida.

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Convento de San Bernardino, Valladolid

J’avoue que je pensais arriver dans une ville plus grande. Valladolid est en fait une petite ville de province. Ses principaux centres d’intérêt se résument à la place principale, le zócalo, aux rues adjacentes et, un peu plus loin, au couvent de San Bernardino. Comme à Campeche, ma precédente ville étape, les maisons du centre ville sont très colorées. Reconnaissons-le, Valladolid est principalement connue et visitée pour être la ville la plus proche du site maya de Chichén Itza, élu pour figurer parmi les « sept nouvelles merveilles du monde ». Et ce qui est amusant, c’est que cette proximité n’était pas acquise à l’origine de la ville. Certes, Chichén Itza n’avait pas encore été découvert par les conquistadors mais Valladolid fut fondée initialement beaucoup plus au nord, en 1543. 2 ans plus tard, en raison de l’insalubrité des lieux et notamment de la fièvre jaune transmise par les moustiques, elle fut transférée sur son site actuel, celui de l’ancienne cité maya de Zací, « épervier blanc » en langue maya.

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Valladolid

J’avoue aussi qu’en arrivant à Valladolid, je n’étais pas encore complètement décidé à visiter Chichén Itza. Cette hésitation peut surprendre, je le sais bien. Beaucoup de mes amis, famille, lecteurs, voyageurs rencontrés au Mexique m’ont demandé si je l’avais visité ou si j’allais le faire, indépendamment du fait qu’eux-mêmes l’aient déjà visité ou non. Mais aussi presque tous ceux qui avaient déjà visité Chichén Itza m’ont prévenu des excès du tourisme là-bas : il y a beaucoup de visiteurs, et il y a aussi beaucoup de marchands de souvenirs, à l’intérieur même du site archéologique. Ils ajoutaient toutefois que le site est superbe. Autre motif à l’hésitation, ma propre expérience m’a démontré que j’obtiens très souvent plus de plaisir à visiter un site peu ou moyennement connu qu’un site dont j’ai déjà entendu parler mille fois et dont j’ai vu des centaines de reportages. C’est probablement lié à l’effet de surprise, en grande partie annihilé dans le cas des sites célèbres mais toujours intense pour les sites moins connus. Enfin, deux mois auparavant, juste après avoir découvert mes deux premiers sites mayas, Tulum et Cobá, j’avais rencontré un couple de Canadiens qui m’avaient mis encore plus le doute, me recommandant même un autre site près de Valladolid, Ek Balam. Entre temps, j’avais visité deux autres grands sites archéologiques mayas, Uxmal et Palenque, et je n’en étais toujours pas lassé, bien au contraire. Peut-être ai-je fait mon circuit dans le bon ordre et au bon rythme, je ne sais pas. Peut-être est-ce tout simplement normal, parce que chaque site a sa propre beauté, son style architectural, son cadre naturel, son état de conservation et de restauration, son histoire, et enfin sa particularité vedette : à Tulum, c’est la vue imprenable sur la mer des Caraïbes ; à Cobá, la pyramide de 42 mètres de hauteur que l’on peut escalader, c’est la deuxième plus haute de la zone maya du Mexique ; à Uxmal, la pyramide toute en rondeurs ; à Palenque, un ensemble très concentré d’architecture maya sur fond de montagnes couvertes par la jungle.

Alors, comme pour faire durer le suspense, j’ai passé mes 2 premiers jours à Valladolid à parcourir la ville, comme j’aime faire partout où je m’arrête. Puis j’ai décidé de visiter le site d’Ek Balam. Au fond de moi, je savais déjà que j’allais aller à Chichén Itza, parce que ce serait trop bête de ne pas me faire une idée par moi-même.

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Acrópolis, Ek Balam

Mais chaque chose en son temps et, à Ek Balam, je me suis émerveillé une fois de plus. La vedette, ici, c’est la structure principale nommée Acropole, l’une des plus imposantes du Yucatán (environ 150 mètres de longueur, 50 de largeur et 30 de hauteur). Elle fut extraordinairement bien conservée, tout comme ses frises de stuc, parce qu’elle était entièrement ensevelie sous la terre, probablement par l’action volontaire de ses anciens habitants afin de la préserver de l’invasion d’autres mayas. En haut, la vue est magnifique et le vent ne fit qu’accentuer une sensation de vertige que curieusement je n’ai pas connue en haut de la pyramide de Cobá, pourtant bien plus haute.

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Gran pirámide y serpiente emplumada bajando a la Tierra, Chichén Itza

Le lendemain, je suis donc naturellement parti visiter mon sixième site maya, Chichén Itza. Et oui, là encore, j’en ai pris plein les yeux. Ce fut d’ailleurs plus que mon sixième site maya, car l’histoire de Chichén Itza commença avec les mayas mais finit avec les toltèques. Et ça saute aux yeux ! En effet, les sculptures et autres représentations graphiques toltèques sont d’un style beaucoup moins abstrait que celles des mayas. C’est notamment vrai pour la représentation du dieu serpent à plumes, nommé Kukulkán par les mayas et Quetzalcóatl par les toltèques, et dont la descente sur terre est représentée par la pyramide principale du site.

Sur le chemin du retour, je me disais « ça y est, j’ai visité mon sixième et dernier site archéologique précolombien au Mexique », du moins pour ce premier voyage dans le pays, car je n’exclue pas d’y revenir… Et oui, je suis content d’avoir visité aussi Chichén Itza, je suis content de l’avoir gardé pour la fin, de m’être décidé au dernier moment, peut-être parce que ce suspense a fait partie de mon voyage… Mais si on me demande si c’est le site que j’ai préféré, je me sens incapable de répondre. Je n’ai aucune préférence, j’ai juste aimé l’ensemble, la série entière des six sites que j’ai visités, dans l’ordre où je les ai visités. Peut-être aurait-ce été mieux de faire ce parcours dans un autre ordre, peut-être pas. En tout cas, ces six découvertes m’ont enchanté et si je devais le refaire, je le referai sans hésiter et sans en ôter aucun élément, qu’il soit ou non l’une des « sept nouvelles merveilles du monde »…

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Convento de San Bernardino de Siena, Valladolid

🇪🇸 Traducción del título desde el francés: Valladolid y el verdadero-falso suspense de Chichén Itza

Menos de 2 semanas antes del final de mi recorrido por el sur de México, seguí mi camino de vuelta hacia el este parando en Valladolid para unos días. Definitivamente, el estado de Yucatán es especialista de las ciudades homónimas de ciudades españolas! Pero no encontré aquí más semejanza con su par español que la había encontrado en Mérida.

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Iglesia principal, en el zócalo, Valladolid

Reconozco que pensaba llegar a una ciudad más grande. En realidad, Valladolid es una pequeña ciudad de provincias. Sus principales centros de interés se limitan a la plaza principal, el zócalo, a las calles adyacentes y al convento de San Bernardino. Igual como en Campeche, mi paradero anterior, las casas del centro ciudad son muy coloridas. Hay que reconocer que Valladolid está conocida y visitada principalmente por ser la ciudad más cercana del sitio maya de Chichén Itza, elegido para formar parte de las « siete nuevas maravillas del mundo ». Y lo gracioso es que esta proximidad no estaba adquirida en el origen de la ciudad.  Cierto, Chichén Itza aún no había sido descubierta por los conquistadores pero Valladolid fue fundada inicialmente mucho más al norte, en 1543. 2 años más tarde, con motivo de insalubridad del lugar y especialmente de la fiebre amarilla transmitida por los mosquitos, fue transferida a su lugar actual, él de la antigua ciudad maya de Zací, « gavilán blanco » en idioma maya.

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Convento de San Bernardino, Valladolid

Reconozco también que llegando a Valladolid, aún no estaba totalmente decidido en visitar Chichén Itza. Esta indecisión puede sorprender, lo sé. Muchos de mis amigos, familia, lectores, viajeros encontrados en México me preguntaron si lo había visitado o si iba a hacerlo, independientemente de que ellos mismos lo hayan visitado o no. Pero también casi todos los que ya habían visitado Chichén Itza me avisaron de los excesos del turismo por allí: hay muchos visitantes, y también hay muchos vendedores de souvenirs, dentro del propio sitio arqueológico. Sin embargo añadieron que el lugar es hermoso. Otro motivo a la indecisión, sé por experiencia que me da mucho más placer visitar un sitio poco o medio conocido que un sitio sobre el cual ya he oído hablar mil veces y visto centenas de reportajes. Esto probablemente está relacionado con el efecto de sorpresa, en gran parte derribado en el caso de los sitios famosos pero aún intenso para los sitios menos conocidos. Y último argumento, dos meses antes, nada más descubrir mis dos primeros sitios mayas, Tulum y Cobá, conocí a una pareja de Canadienses que me habían hecho dudar aún más, recomiéndome incluso otro sitio cerca de Valladolid, Ek Balam. Mientras tanto, había visitado dos otros grandes sitios arqueológicos mayas, Uxmal y Palenque, y aún no me había cansado de ellos, todo lo contrario. Quizás hice mi recorrido en el buen orden y con el buen ritmo, no sé. Quizás simplemente es normal, porque cada sitio tiene su propia belleza, su estilo arquitectural, su entorno natural, su estado de conservación y de restauración, su historia, y por fin su particularidad estrella : en Tulum, es la vista ilimitada sobre el mar Caribe ; en Cobá, la pirámide de 42 metros de altura que se puede escalar, es la segunda más alta de la zona maya de México ; en Uxmal, la pirámide con muchas curvas ; en Palenque, un conjunto muy concentrado de arquitectura maya sobre fondo de montañas cubiertas por la selva.

Entonces, como si fuera para prolongar el suspense, pasé mis 2 primeros días en Valladolid recorriendo la ciudad, igual como me gusta hacer en cualquier lugar donde me paro. Luego, decidí de visitar el sitio de Ek Balam. En el fondo, ya sabía que iba a ir a Chichén Itza, porque sería demasiado tonto no hacerme mi propia idea.

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Juego de pelota, Ek Balam

Pero cada cosa en su tiempo y, en Ek Balam, una vez más me maravillé. La estrella, aquí, es la estructura principal nombrada acrópolis, una de las más impresionantes de Yucatán (unos 150 metros de largo, 50 de ancho y 30 de alto). Se quedó extraordinariamente bien conservada, igual como sus frisos de estuco, porque estaba totalmente sepultada bajo tierra, probablemente por la acción voluntaria de sus antiguos habitantes para preservarla de la invasión de otros mayas. Desde arriba, la vista es espectacular y el viento acentuó una sensación de vértigo que curiosamente no conocí arriba de la pirámide de Cobá, sin embargo mucho más alta.

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La gran pirámide en Chichén Itza

Al día siguiente entonces, me fui naturalmente a visitar mi sexto sitio maya, Chichén Itza. Y sí, allí también, se me dejó pasmado. De hecho, fue más que mi sexto sitio maya, ya que la historia de Chichén Itza empezó con los mayas pero terminó siendo de los toltecas. Y eso salta a la vista. Efectivamente, las esculturas y otras representaciones gráficas toltecas son de un estilo mucho menos abstracto que las de los mayas. Eso se comprueba especialmente en la representación del dios serpiente emplumada, nombrado Kukulkán por los mayas y Quetzalcóatl por los toltecas, y cuya bajada a la tierra está representada por la pirámide principal del sitio.

En el camino de vuelta, iba diciéndome « ¡ya! ya he visitado mi sexto y último sitio arqueológico precolombino en México », por lo menos refiriéndome a este primer viaje por el país, porque no excluyo de volver aquí… Y sí, estoy feliz de haber visitado también Chichén Itza, estoy feliz de haberlo dejado para el final, de haberme decidido en el último momento, tal vez porque este suspense ha sido parte de mi viaje… Pero si me preguntan si éste es el sitio que he preferido, me siento incapaz de responder. No tengo ninguna preferencia, sólo que me gustó el conjunto, la serie entera de los seis sitios que visité, en el orden en que los visité. Quizás hubiera sido mejor hacer este recorrido en otro orden, quizás no. De todas formas, estos seis descubrimientos me encantaron y si tenía que volver a hacerlo, lo volvería a hacer sin dudar y sin quitar ningún elemento, sea o no una de las « siete nuevas maravillas del mundo »…

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Ek Balam, vista desde el Acrópolis

A propos Rémy

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2 commentaires pour Valladolid et le vrai-faux suspense de Chichén Itza

  1. Mónica dit :

    Buena decisión!!

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