Mi largo recorrido hacia el Che

 

IMG_3987

Vista sobre Santa Clara desde la Loma del Capiro

🇪🇸 Versión española más abajo

🇫🇷 Traduction du titre depuis l’espagnol : « Mon long parcours vers le Che »

IMG_3847

Complejo Escultórico Ernesto Guevara

Vendredi 19 février. Pour ma sixième et déjà dernière étape à Cuba, avant le retour à La Havane d’où je prendrai l’avion pour Cancún, j’ai choisi la ville de Santa Clara. Ce fut un long parcours, relativement mouvementé, durant lequel ma patience et mes nerfs ont été mis à dure épreuve. Mais, un peu plus de 24 heures après avoir quitté Baracoa, pour la première fois dans ce grand voyage que j’entreprends, et comme j’ai pu le constater en de nombreuses occasions lors de mon tour du monde en 2010, la fin démontre que la volonté et l’optimisme finissent toujours par être récompensés.

IMG_4045

Palacio Provincial bajo la luna llena

Outre le fait qu’elle se trouve sur mon chemin, Santa Clara présente de nombreuses caractéristiques qui m’intéressent :
– C’est une ville de l’intérieur, alors que Viñales mis à part, je n’ai visité que des villes avec accès direct à la mer depuis mon arrivée à Cuba.
– C’est une ville dont l’atmosphère est, dit-on, différente de celle des autres villes cubaines, plus rebelle, plus avant-gardiste, jouant parfois avec les limites de ce que permettent les institutions.
– C’est une ville jeune, érudite, universitaire, le lieu de la deuxième université la plus prestigieuse du pays, après La Havane.
– Enfin, et surtout, parce que je m’intéresse à l’Histoire et aux personnages qui ont fait l’Histoire des lieux que je visite, Santa Clara est à la fois la ville où s’est déroulée la victoire finale de la révolution cubaine et celle qui reste ainsi associée à jamais au Che.

IMG_3983

Loma del Capiro

Bon, d’accord, j’étais prévenu : j’allais me lever tôt, passer 5 heures dans un bus pour atteindre Santiago, puis 12 heures dans un autre bus, de nuit celui-ci, pour aller à Santa Clara. Mon hôte de Baracoa m’avait donné confiance, trop peut-être, sur le fait que j’allais pouvoir acheter mon billet à l’arrivée Santiago. De toute façon, le guichet de Baracoa n’aurait pas pu me le vendre, il me semble. Alors, je pensais laisser mon bagage en consigne et faire un nouveau tour en ville – après mon séjour du week-end précédent – pour y passer l’après-midi. C’est en arrivant, pourtant presque ponctuel, à Santiago que les choses commencèrent à prendre une autre tournure. Au guichet de la compagnie de bus, l’agent me dit, en un seul mot et en anglais, que le bus que je voulais prendre est « full ».
« – Les autres bus ?
– Full.
– Et demain ?
– Todo full ! » (oui, le spanglish a aussi du succès à Cuba)
Je voudrais bien lui demander pour quand il y a de la place mais sa dernière réponse me laisse entendre qu’il n’a pas envie de me donner plus d’informations. Et il finit par me tendre un carnet, ouvert à une page où est indiquée la date du jour et un numéro qui doit être le code pour la destination Santa Clara. Il me demande d’y inscrire mon nom, et il me dit de revenir à 19 heures, une heure avant le départ. Je comprends que je suis le premier sur la liste d’attente en cas de désistements, et que je n’aurai aucune garantie de partir avant au mieux 19 heures.

IMG_4021

Café-museo Revolución

J’observe que la consigne n’en est pas vraiment une : c’est plutôt le bureau où sont enregistrés les bagages à mettre en soute, quelques minutes avant le départ de chaque bus et, en dehors de ces moments d’activité, le bureau reste porte grande ouverte et sans surveillance. Et puis quelque chose me dit qu’il faut que je reste ici. Alors je patiente, je lis, je regarde la télévision dans la salle d’attente, je discute avec quelques voyageurs, on s’échange des tuyaux…
Un bus part 30 minutes avant le mien, j’observe le déroulement des opérations. Deux jeunes espagnoles sont sur liste d’attente. Lorsque tous les passagers munis d’un billet se sont présentés, et après le dernier appel et quelques minutes d’attente supplémentaires, elles peuvent finalement acheter leurs billets et embarquer. Ça me donne de l’espoir.

IMG_3938

Estatua Che y Niño

L’enregistrement de mon bus commence. Je me suis posté tout près, en vue de l’agent, comme je me suis montré déjà plusieurs fois à lui pendant l’après-midi pour qu’il me garde en tête. Il lance plusieurs derniers appels : « Varadero ! » (c’est la destination finale de mon bus). Personne ne se présente. Ça me donne encore plus d’espoir, mais il me dit d’attendre encore.
Quelques retardataires se présentent finalement. Ça me fait douter un peu, j’avoue…
L’agent donne le dernier appel, mais vraiment le dernier cette fois. Il compte, il recompte, aidé par le chauffeur. Je tends l’oreille. Je comprends qu’ils additionnent, sur papier, les voyageurs qui montent dans le bus à chaque arrêt, en précisant jusqu’où ils vont. J’entends que deux passagers doivent monter à Santa Clara. Je n’ai pas entendu que quiconque devait y descendre. Ça me donne espoir.
Ils ont fini. L’agent s’approche du guichet.
« – Varadero complet ».
C’est la déception générale, pour moi et pour les suivants sur la liste d’attente. Je m’approche.
« – Santa Clara aussi ?
– Complet ! »
Bon, mon oreille indiscrète n’a pas tout capté. Dommage ! Je me retourne vers mes sacs, posés à côté de moi, et je commence à les mettre en configuration pour aller en ville à la recherche d’un lit.
J’entends alors : « Santa Clara ? » Je me retourne. Mon regard croise celui de l’agent. Il me fait signe. Je m’approche. Il y a bien deux places pour Santa Clara. J’en prends une. Je lui donne les 33 CUC. Il me dit de suivre le chauffeur. Je pose mon grand sac à l’enregistrement et je le rattrape. Je monte dans le bus. Nous partons, presque à l’heure. Ouf ! « J’adore quand un plan se déroule sans accroc », me dis-je, façon Hannibal Smith dans Agence tous risques, mais sans le cigare à la bouche : on a beau être à Cuba, il est interdit de fumer dans les bus.
Mais au fait, le sac, ont-ils eu le temps de le charger en soute ? La question me traverse l’esprit après quelques minutes, mais il est déjà trop tard pour s’en soucier. En tout cas, j’ai bien le reçu en main. Et puis, la galère est derrière moi. Je n’ai donc plus qu’à me couvrir en mode esquimau, à écouter un peu de musique et à me laisser bercer par la route.

IMG_3932

Monumento a la toma del tren blindado

Finalement, comme vous pouvez voir sur les photos, je suis arrivé à Santa Clara. Et le Che, je l’ai vu et revu, en sculptures, en photos, en peintures, dans les rues, dans la gare routière, dans des musées, dans son mausolée, et même dans un café-musée fondé par un espagnol qui s’est installé ici. Ernesto Guevara n’était en rien prédestiné à devenir el Comandante, entrer ainsi dans l’Histoire comme chef d’une armée révolutionnaire victorieuse, et encore moins ici à Cuba. Argentin, médecin, il acquît le sens du volontariat humanitaire et c’est au Mexique qu’il fit connaissance avec Raul puis Fidel Castro. C’est sans doute par chance qu’il fut avec eux l’un des 15 survivants parmi 82 guerrilleros lors du débarquement du Granma en 1956, alors qu’il ne participait à l’opération qu’en tant que médecin. Et puis, depuis les montagnes du centre de l’île, il est devenu un vrai combattant et un fin stratège. Dans les derniers jours de 1958, sa double prise, sur la ville de Santa Clara et sur un train blindé transportant troupes et armement pour le régime de Batista, a définitivement scellé la victoire des révolutionnaires.
Ainsi donc, à Santa Clara, tout ce qui commémore ou illustre la révolution tourne autour du Che, alors qu’ailleurs, au musée de la révolution de La Havane par exemple, sa présence est beaucoup plus diluée et partagée avec les frères Castro bien sûr, Camilo Cienfuegos, Frank País et d’autres encore.

IMG_4050

Estación de autobuses de Santa Clara

🇪🇸 Viernes 19 de febrero. Para mi sexta y ya última etapa en Cuba, antes de volver a La Habana donde tomaré el avión para Cancún, elegí la ciudad de Santa Clara. Fue un largo recorrido, relativamente movido, durante cual mi paciencia y mis nervios se han puesto a prueba. Pero, poco más de 24 horas tras salir de Baracoa, por primera vez en este largo viaje que estoy emprendiendo, y como ya pude comprobarlo en varias ocasiones durante mi vuelta al mundo en 2010, el final demuestra que la voluntad y el optimismo siempre terminan siendo recompensados.

IMG_3894

Parque Vidal

Además de encontrarse en mi camino, Santa Clara presenta muchas características que me interesan:
– Es una ciudad del interior, mientras quitando Viñales, todas las ciudades que visité desde mi llegada a Cuba tienen acceso directo al mar.
– Es una ciudad cuya atmósfera es, dicen, diferente a la de otras ciudades cubanas, más rebelde, más vanguardista, jugando a veces con los límites de lo que permiten las instituciones.
– Es una ciudad joven, erudita, universitaria, el lugar de la segunda universidad más prestigiosa del país, tras La Habana.
– Finalmente y más que nada, porque me intereso por la Historia y los personajes que han hecho la Historia de los lugares que visito, Santa Clara es a la vez la ciudad donde se desarrolló la victoria final de la revolución cubana y la que así queda relacionada para siempre con el Che.

IMG_4033

Café-museo Revolución

Bueno, vale, estaba avisado: iba a levantarme temprano, a pasar 5 horas en un bus para alcanzar Santiago, luego 12 horas en otro bus, de noche este segundo, para ir a Santa Clara. Mi anfitrión de Baracoa me dio confianza, demasiada tal vez, sobre el hecho de que iba a poder comprar mi billete una vez llegado a Santiago. De todas formas, el mostrador de Baracoa no podía vendérmelo, me parece. Entonces, pensaba dejar mi mochila en la consigna y dar una nueva vuelta por la ciudad – tras mi estancia de la semana anterior – para pasar allí la tarde. Nada más llegar, casi puntual, a Santiago, las cosas empezaron a ir de forma distinta. En el mostrador de la compañía de bus, el agente me dice, en una sola palabra y en inglés, que el bus que quería tomar está « full ».
« – ¿Los otros autobuses?
– Full.
– ¿Y mañana?
– ¡Todo full! » (sí, el spanglish también tiene éxito en Cuba)
Me gustaría preguntarle para saber cuando hay sitio pero su última respuesta me deja entender que no tiene ganas de darme más información. Y acaba acercándome un cuaderno, abierto en una página donde están puestos la fecha de hoy y un número que debe ser el código para el destino Santa Clara. Me pide inscribir aquí mi nombre, y me dice de volver a las 19 horas, una hora antes de la salida. Entiendo que soy el primero en la lista de espera en caso de que haya desistimientos, y que no tendré ninguna garantía de salir antes de las 19 horas en el mejor de los casos.

IMG_3874

Mausoleo, complejo escultórico Ernesto Guevara

Noto que lo que supuestamente es una consigna no lo es realmente: es más la sala donde se facturan los equipajes para poner en bodega, unos minutos antes de la salida de cada bus, y fuera de esos momentos de actividad, la sala queda con la puerta totalmente abierta y sin vigilancia. Y pues algo me dice que tengo que quedarme aquí. Entonces espero, leo, miro la televisión en la sala de espera, hablo con otros viajeros, intercambiamos soplos…
Un bus sale 30 minutos antes del mío, observo el desarrollo de las operaciones. Dos jóvenes españolas están en lista de espera. Cuando todos los pasajeros con billete se hayan presentado, y tras la última llamada y unos minutos más de espera, finalmente pueden comprar sus billetes y embarcar. Eso me da esperanza.

IMG_3858

Complejo Escultórico Ernesto Guevara

El chequeo de mi bus empieza. Me he posicionado muy cerca, en vista del agente, como ya me mostrado a él varias veces durante la tarde parece que se acuerde de mí. Da varias últimas llamadas: « ‘¡Varadero! » (ese es el destino final de mi bus). Nadie se acerca. Eso me da aún más esperanza, pero el agente me dice de esperar aún.
Al final unos atrasados se presentan. Eso me hace dudar un poco, lo confeso…
El agente pronuncia la última llamada, pero la última de verdad esta vez. Cuenta, vuelve a contar, con la ayuda del conductor. Mantengo el oído atento. Entiendo que están sumando, sobre papel, los viajeros que suben en el bus en cada parada, precisando adónde van. Oigo que dos pasajeros van a subir en Santa Clara. No he oído que nadie vaya a bajar allí. Me da esperanza.
Han terminado. El agente se acerca al mostrador.
« – Varadero completo ».
Es la decepción general, para mí y para los siguientes en la lista de espera. Me acerco.
« – ¿Santa Clara también?
– ¡Completo! »
Bueno, mi oído indiscreto no lo habrá pillado todo. ¡Qué pena! Doy la vuelta hacia mis mochilas, dejadas a mi lado, y empiezo a ponerlas en configuración para ir a buscar una cama en la ciudad.
Oigo entonces: « ¿Santa Clara? » Doy la vuelta. Mi mirada cruza la del agente. Me avisa. Me acerco. Sí que hay dos plazas para Santa Clara. Tomo una. Le doy los 33 CUC. Me dice de seguir al chofer. Dejo mi mochila grande para facturar y le alcanzo. Subo al bus. Salimos, casi puntuales. ¡Uf! « Me encanta que los planes salgan bien », me digo a mí mismo, a la manera de Hannibal Smith en la serie El Equipo A, pero sin el cigarro en la boca: hasta en Cuba, está prohibido fumar en los autobuses.
Pero, por cierto, la mochila, ¿habrán tenido tiempo para ponerla en la bodega? La pregunta me atraviesa la mente tras unos minutos, pero ya es demasiado tarde para preocuparse de eso. De todas formas, tengo el recibo en mano. Y bueno, los problemas están detrás de mí. Así sólo me queda abrigarme en modo esquimal, escuchar un poco de música y dejarme mecer por la carretera.

IMG_3932

Monumento a la toma del tren blindado

Finalmente, como podéis comprobarlo en las fotos, llegué a Santa Clara. Y el Che, lo he visto y lo he vuelto a ver, en esculturas, en fotos, en pinturas, en las calles, en la estación de autobuses, en los museos, en su mausoleo, y hasta en un café-museo fundado por un español que se instaló aquí. Ernesto Guevara no estaba para nada predestinado en hacerse el Comandante, entrar así en la Historia como jefe de una armada revolucionaria victoriosa, y aún menos aquí en Cuba. Argentino, médico, adquirió el sentido del voluntariado humanitario y fue en México donde conoció primero a Raúl y luego a Fidel Castro. Sin duda fue por suerte que resultó ser con ellos uno de los 15 sobrevivientes de 82 guerrilleros en el desembarco del Granma en 1956, mientras sólo participaba en la operación como médico. Y luego, desde las montañas del centro de la isla, se convirtió en un verdadero combatiente y un gran estratega. En los últimos días de 1958, su doble toma, sobre la ciudad de Santa Clara y sobre un tren blindado transportando tropas y armas para el régimen de Batista, cerró definitivamente la victoria de los revolucionarios.
Así pues, en Santa Clara, todo lo que conmemora o ilustra la revolución gira en torno al Che, mientras en otros lugares, en el museo de la revolución de La Habana por ejemplo, su presencia es mucho más diluida y compartida con los hermanos Castro por supuesto, Camilo Cienfuegos, Frank País y otros más.

A propos Rémy

FR - Voyageur, blogueur, citoyen du monde, humaniste écologiste, nomade digital. ES - Viajero, bloguero, ciudadano del mundo, humanista ecologista, nómada digital. EN - Traveler, blogger, citizen of the world, humanist and ecologist, digital nomad.
Cet article, publié dans América, Cuba, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s