Mi viaje desde Santiago de Cuba hasta Baracoa… ¿de Guadalupe?

🇪🇸 Versión española más abajo 
🇫🇷 Traduction du titre depuis l’espagnol : « Mon voyage de Santiago de Cuba à Baracoa… de Guadeloupe ? »

Dimanche dernier, vers 8 heures du matin. Je prends un bus à la gare routière de Santiago de Cuba à destination de Baracoa, à l’extrême Est du pays. Ce que je sais de cet endroit, c’est que c’est là que s’installèrent les premiers colons, qu’on y mange encore mieux que dans le reste du pays, et que son environnement naturel est remarquable. Histoire, gastronomie et nature, ces trois éléments constituent pour moi un excellent cocktail de voyage. Je pense déjà y rester 3 jours au moins, probablement plus. Ce que j’ignore, c’est que les heures et les jours qui viennent raviveront de nombreux souvenirs qui datent d’un peu plus de 20 ans, lorsque je vivais sur l’île de la Guadeloupe.

Peu de temps après avoir quitté Santiago, je me rends compte que la nature est déjà différente de ce que j’ai vu jusqu’à présent. Certes nous traversons encore des plantations de canne à sucre, mais nous voyons apparaître aussi de vraies montagnes, sans doute celles que je voyais de loin depuis Santiago. La nature environnante se teinte d’un vert plus intense, la route est plus étroite et plus chaotique…

Le bus fait un bref arrêt à Guantánamo, capitale de la province du même nom, la plus orientale de Cuba et mondialement connue pour le scandale des déportations, détentions et tortures effectuées par l’Armée américaine à partir de 2002 et auxquelles Obama doit encore mettre fin. Ce qui est moins connu, c’est que ce morceau d’États-Unis à Cuba est également très contestable, remontant à des traités du début des années 1900, suite à la guerre hispano-américaine et dans l’objectif de protéger l’entrée du canal de Panama. Aujourd’hui encore, les États-Unis envoient des chèques en règlement du loyer fixé à l’époque, soit la somme honteusement ridicule de 4000 dollars par an pour une base militaire occulte en territoire étranger, ni plus ni moins. Depuis l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir, ces chèques ne sont bien entendu pas encaissés.
Nous reprenons notre route. Les plantations de bananiers remplacent la canne à sucre. Je n’avais pas vu autant de bananiers depuis que j’ai quitté la Guadeloupe, fin 1995. La route devient très escarpée, serpentant dans les montagnes. J’apprendrai un peu plus tard qu’elle s’appelle la Farola (la route du phare), qu’elle constitue une des sept merveilles de l’ingénierie civile cubaine – la seule en dehors de La Havane -, qu’elle fut ouverte en 1964, « offerte » à la ville par Castro en remerciement pour son aide lors de la guerre révolutionnaire dans les montagnes et que jusqu’alors, Baracoa était accessible uniquement par la mer. Ceci explique sans aucun doute sa singularité culturelle vis-à-vis des autres provinces cubaines. À Baracoa, même les places sont différentes : elles sont triangulaires.

Nous arrivons à destination. Sur le malecón, des vagues déferlent par-dessus la route. Mon hôte m’attend à l’arrivée du bus, avec son signe distinctif (une casquette avec l’inscription « Miami ») et une affiche portant mon nom. Nous rejoignons la maison, située à l’autre bout du village, lui sur son vélo, ma chère mochila et moi à bord d’un vélo-taxi. Il m’offre un jus de mangue frais pour me souhaiter la bienvenue. Je loge au premier étage, où je prendrai aussi les repas et pourrait me détendre dans un espace semi-ouvert mais protégé du vent, de la pluie et du soleil. Le deuxième étage vient d’être aménagé avec une autre chambre et une vraie terrasse panoramique avec vue sur mer. Dans le voisinage, d’autres maisons sont en train de prendre de la hauteur. Et je me rappelle de cette « mode » guadeloupéenne qui consiste – ou consistait – à construire sa maison étage par étage sur plusieurs années.

Plus tard, je dîne à la maison, formule encore plus recommandée ici qu’ailleurs à Cuba : une soupe de haricots caballeros et autres légumes variés délicieusement agrémentée de condiments, une salade de crudités, des crevettes à la sauce de coco, une des spécialités locales, accompagnées de riz blanc et de frites de malanga maison, puis un dessert glacé à la vanille. Miam miam ! Maman n’a pas de souci à se faire : ce n’est pas ici que je vais maigrir.

Le lendemain matin, le petit-déjeuner est également copieux et, en plus du classique assortiment cubain composé de macédoine de fruits tropicaux, charcuterie, fromage, tomates, œufs brouillés, j’ai droit à d’autres spécialités locales qui me rappellent tant la Guadeloupe : un chocolat chaud élaboré à partir d’un pur bâton de cacao et dont les taches de graisse en surface garantissent un goût inégalable, des petites bananes locales et un jus blanc de corossol. Qu’est-ce que c’est bon de commencer la journée ainsi, aussi bon qu’un bain de jouvence qui me rajeunirait de 20 ans !
La journée s’annonce pluvieuse, de ce genre de pluie tropicale qui tombe fort. Alors, je décide de commencer par la visite du musée municipal, situé tout près de mon gîte, dans l’enceinte du fort Matachín. Il s’agit d’un excellent musée, très instructif, sur la faune, la flore, l’Histoire et les histoires de Baracoa. Il serait trop long d’écrire tout ce que j’y ai vu et appris alors je vais tenter de résumer en quelques points essentiels :

– Christophe Colomb y fit une escale lors de son premier voyage en 1492, 15 jours après avoir découvert une première terre « indienne », Hispaniola. Il pensait alors avoir mis le pied sur une péninsule orientale rattachée au continent asiatique. Double erreur ! Baracoa est en tout cas le seul endroit des Amériques où l’on ait trouvé, authentifié et où l’on conserve encore une croix déposée ici par l’illustre explorateur.

– Diego Velázquez y installa la première colonie de l’île en 1511. C’est lui et ses conquistadors qui découvrirent le caractère insulaire de cette terre. Baracoa fut donc la capitale de l’île jusqu’à son transfert à Santiago en 1515. La colonie espagnole laissa alors la ville abandonnée à elle-même, aux pirates, aux corsaires… et aux révolutionnaires qu’elle y déporta.

  – C’est aussi ici qu’aurait eu lieu la première immolation d’un indigène par l’Inquisition. Hatuey, leader de l’insurrection des Taínos, est encore l’archétype de la résistance cubaine. Une sculpture le représentant est installée sur la place centrale, juste devant l’entrée de la basilique où est conservée la croix de Colomb !

– Au début du 19ème siècle, Baracoa vit arriver plus de cent familles françaises fuyant la révolution d’Haïti, à seulement 70 kilomètres au large d’ici. Ils y importèrent la culture des noix de coco, du cacao et du café, et assurèrent enfin une économie locale viable.

  – La nature à Baracoa est exceptionnellement riche. Sur son territoire, on trouve le parc national Alejandro de Humboldt, du nom d’un naturaliste allemand qui fit plusieurs voyages d’étude ici, le premier en 1801, et qui est considéré comme le deuxième « découvreur » de Cuba. J’irai visiter ce site quelques jours plus tard et je verrai de mes yeux cette extraordinaire diversité naturelle, qui vaut bien son inscription au patrimoine de l’humanité.

La visite de ce musée me confirme donc que je suis bien encore à Cuba, dans une des parties les plus authentiques de Cuba. Tout n’est bien sûr pas comme en Guadeloupe, j’y reviendrai peut-être dans un article ultérieur sur ma perception générale de Cuba, mais c’est ici sur sa pointe orientale que j’ai pu relever le plus de similitudes entre les deux îles Caraïbes où j’ai passé le plus de temps dans ma vie.
🇪🇸 El domingo pasado, sobre las 8 de la mañana. Tomo un bus en la estación de Santiago de Cuba con destino Baracoa, en el extremo Este del país. Lo que sé de este lugar , es que es allí que se instalaron los primeros colones, que allí se come de p. madre – mis lectores no españoles me perdonarán este lenguaje-, o sea mejor aún que en el resto del país, y que su entorno natural es muy destacable. Historia, gastronomía y naturaleza, estos tres elementos constituyen para mí un excelente cóctel de viaje. Ya estoy pensando quedarme 3 días como mínimo, probablemente más. Lo que ignoro, es que las horas y los días que vienen me traerán muchos recuerdos que vienen de más que 20 años atrás, cuando vivía en la isla francesa de Guadalupe.

Poco tiempo después de salir de Santiago, me doy cuenta de que la naturaleza ya está distinta de lo que he visto hasta ahora. Es cierto que atravesamos una vez más plantaciones de caña de azúcar, pero también vemos aparecer verdaderas montañas, sin duda las que veía de lejos desde Santiago. La naturaleza alrededor se tinta de un verde más intenso, la carretera es más estrecha y más caótica…

El bus hace una breve parada en Guantánamo, capital de la provincia del mismo nombre, la más oriental de Cuba y mundialmente conocida por el escándalo de las deportaciones, detenciones y torturas efectuadas por las fuerzas militares de EE.UU. a partir de 2002 y con cuales Obama aún tiene que acabar. Lo que se sabe menos, es que este trozo de EE.UU. en Cuba es igualmente muy contestable, remontando hacia tratados de los años 1900, tras la guerra hispanoamericana y con el objetivo de proteger la entrada al Canal de Panamá. Hoy todavía, EE.UU. mandan cheques para pagar la renta del alquiler acordada entonces, o sea el importe vergonzosamente ridículo de 4000 dólares cada año para una base militar oculta en territorio extranjero, ni más ni menos. Desde la llegada de Fidel Castro al poder, por supuesto, estos cheques se quedan sin cobrar.

Volvemos a tomar la carretera. Las plantaciones de bananeros substituyen a la caña de azúcar. No había visto tantos bananeros desde que me fui de Guadalupe, a finales de 1995. La carretera se hace más escarpada, serpenteando por las montañas. Me enteraré un poco más tarde de que se nombra Farola, que es una de las siete maravillas de la ingeniería civil cubana – la única fuera de La Havana -, que se inauguró en 1964, « regalada » a la ciudad por Castro en agradecimiento de su ayuda durante la guerra revolucionaria por las montañas y que hasta entonces Baracoa sólo era accesible por el mar. Esto explica sin ninguna duda su singularidad cultural respecto a las otras provincias cubanas. En Baracoa, hasta las plazas son diferentes: son triangulares.

Llegamos a destino. En el malecón, unas olas pasan por encima de la carretera. Mi anfitrión me está esperando donde llega el bus, con su signo distintivo (una gorra marcada con la inscripción « Miami ») y un cartel llevando mi nombre. Vamos a la casa, situada en el otro lado del pueblo, él sobre su bici, mi querida mochila y yo a bordo de un bici-taxi. Me ofrece un zumo de mango para darme la bienvenida. Me quedaré en la primera planta, donde también disfrutaré las comidas y podré relajarme en un espacio semi-abierto pero protegido del viento, de la lluvia y del sol. La segunda planta acaba de estar acondicionada con otra habitación y una verdadera terraza panorámica con vista al mar. En el vecindario, otras casas están tomando altura. Y me acuerdo de esa « moda » en Guadalupe que consiste – o consistía – en construir su casa planta por planta a lo largo de los años.
Más tarde, ceno en la casa, fórmula aún más recomendada aquí que que otros lugares de Cuba: una sopa de frijoles caballeros y otros vegetales variados deliciosamente condimentada, una ensalada de tomates, pepinos y col, un plato de camarones con salsa de coco, una de las especialidades locales, viniendo con arroz blanco y fritas caseras de malanga, y luego helado de vainilla. ¡Qué rico todo! Mamá no tendrá que preocuparse: no es aquí que voy a perder peso.

El día siguiente por la mañana, el desayuno es igualmente generoso y, además de la clásica combinación cubana compuesta de macedonia de frutos tropicales, butifarra, queso, tomates, huevos revueltos o tortilla francesa, me tocan otras especialidades locales que me recuerdan tanto Guadalupe: un chocolate caliente hecho a base de un puro bastón de cacao y cuyas manchas de grasa en la superficie garantizan un sabor sin comparación, unos pequeños plátanos y un zumo blanco de guanábana. ¡Qué bueno empezar el día así, con un baño de juventud que me dejan 20 años más joven!

El día promete de ser lluvioso, de este tipo de lluvia tropical que cae fuerte. Entonces decido de empezar por la visita del museo municipal, situado muy cerca de mi alojamiento, en en interior del Fuerte Matachín. Se trata de un excelente museo, muy instructivo, sobre la fauna, la flora, la Historia y las historias de Baracoa. Sería demasiado escribir sobre todo lo que vi y aprendí aquí, así que voy a intentar resumir en unos puntos esenciales:

– Cristóbal Colón hizo aquí una escala durante su primer viaje en 1492, 15 días después de descubrir una primera tierra « india », Hispaniola. Pensaba entonces haber pisado una península oriental del continente asiático. ¡Doble error! Lo cierto es que Baracoa es el único lugar de las Américas donde se encontró, se autentificó y se guarda una cruz dejada aquí por el ilustre explorador.

– Diego Velázquez instaló aquí la primera colonia de la isla en 1511. Son él y sus conquistadores que descubrieron el carácter insular de esta tierra. Así Baracoa fue la capital de la isla hasta su transfer a Santiago en 1515. La colonia española dejó entonces la ciudad abandonada a ella misma, a los piratas, a los corsarios… y a los revolucionarios que hasta aquí deportaba.

– Fue aquí también que tuvo lugar la primera inmolación de un indígena por la Inquisición. Hatuey, líder de la insurrección de los Taínos, es todavía el arquetipo de la resistencia cubana. Una escultura le representa en la plaza central, justo delante de la entrada de la basílica donde se guarda la cruz de Colón!

– Al principio del siglo XIX, Baracoa vi llegar más de cien familias francesas huyendo de la revolución de Haití, a tan sólo 70 kilómetros de aquí por el mar. Aquí importaron el cultivo del coco, del cacao y del café, y aseguraron por fin una economía local viable.
– La naturaleza en Baracoa es excepcionalmente rica. En su territorio se encuentra el parque nacional Alejandro de Humboldt, nombrado por un naturalista alemán que hizo varios viajes de estudio aquí, el primero en 1801, y que se considera como el segundo « descubridor » de Cuba. Iré a visitar este sitio unos días más tarde y veré de mis propios ojos esta extraordinaria diversidad natural, que bien vale su inscripción al patrimonio de la humanidad.
La visita de este museo me confirma entonces que aún estoy en Cuba. Claro, todo aquí no es igual como en Guadalupe, quizás vuelva a tratar de eso en otro artículo sobre mi percepción general de Cuba, pero es aquí en su punta oriental que he podido notar más similitudes entre las dos islas del Caribe donde más tiempo he pasado en mi vida.

A propos Rémy

FR - Voyageur, blogueur, citoyen du monde, humaniste écologiste, nomade digital. ES - Viajero, bloguero, ciudadano del mundo, humanista ecologista, nómada digital. EN - Traveler, blogger, citizen of the world, humanist and ecologist, digital nomad.
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2 commentaires pour Mi viaje desde Santiago de Cuba hasta Baracoa… ¿de Guadalupe?

  1. Ana dit :

    Que interesante lo que cuentas Remy. Gracias por enseñarme otra Cuba. Tienes que tener un estomago a prueba de bombas ¿frijoles por la noche? Menuda digestión tuviste que tener.
    Sigue disfrutando y sigue enseñandonoslo.
    Salud.

    • Rémy LASSET dit :

      Igual me resultó un poco difícil la digestión esa misma noche. Pero de manera general la comida cubana me va muy bien. Pero no digo que un par de veces no haya pedido una pizza para cambiar un poco. 😉

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