Fifty-fifty and the fifties

IMG_2954🇪🇸 Versión española más abajo

🇫🇷 Traduction du titre depuis l’anglais : « cinquante-cinquante et les années cinquante »

Mardi matin, après ma cinquième nuit à Viñales, je partais pour Trinidad. Sur les conseils de Daimarelys, mon hôte, j’avais préféré l’option du colectivo, ou taxi partagé, à celle du bus parce que pour 3 CUC de plus (moins de 3 €), cette formule à l’avantage d’être plus rapide – presque 7 heures quand même -, plus personnalisée (porte à porte), plus authentique aussi sans doute.

Un bon quart d’heure avant l’heure prévue, le chauffeur est déjà là. Je suis presque prêt, je dis au revoir à Daimarelys et je le rejoins au bout de l’allée. Et là, première surprise, la voiture est une belle américaine rouge des années 50. Le chauffeur me dira un peu plus tard qu’il s’agit d’une Chevrolet de 1952. Le moteur et la transmission ont été changés, j’imagine plusieurs fois déjà. Ils sont maintenant de marque Hyundai. Nous allons chercher les autres passagers, une bande de quatre copains allemands de Munich. La deuxième surprise, c’est qu’ils ne sont pas ponctuels. Décidément, les préjugés n’ont pas de sens ! La troisième surprise, c’est que tout entre dans la Chevrolet : les gros bagages dans le coffre, le chauffeur, ses cinq passagers et quelques petits sacs dans l’habitacle. Le chauffeur m’assigne la place probablement la plus inconfortable, celle du milieu à l’avant, parce que je suis le plus petit et aussi le seul à pouvoir faire l’interprète entre espagnol et anglais, les quatre allemands ne maîtrisant pas l’espagnol. La quatrième surprise, c’est qu’on fera un changement de chauffeur, et de véhicule donc, en périphérie de La Havane. Il s’agit là d’un arrangement entre taxis auquel je n’ai aucune objection. Il semble toutefois que cela trouble l’esprit rigoureux de quelques autres passagers, qui ne comprennent pas notamment que l’on verse la moitié du prix au premier chauffeur et l’autre moitié au second, alors que le second a un parcours beaucoup plus long. Moi, j’y vois un côté pratique – un billet de 20 CUC à chacun plutôt que des calculs et rendus de monnaie compliqués – et je comprends aussi que l’arrangement implique la prise en charge d’autres passagers à prendre à La Havane pour le premier chauffeur, qu’ils sont peut-être moins nombreux, que sais-je… Je reconnais aussi que le fait de parler espagnol, d’avoir été mis en relation par Daimarelys et d’avoir bien discuté avec le chauffeur facilite la confiance.
Vers La Havane, l’autre chauffeur nous attend. Nous restons dans les années 50, nous passons du rouge au vert et nous changeons de marque : nous voici dans une Ford de 1956, avec moteur et transmission Mitsubishi. Nous y perdons un peu en confort mais pour ma part, je savoure l’expérience. J’avais bien vu, tant à La Havane qu’à Viñales, que ces voitures d’une soixantaine d’années faisaient office de taxis, notamment pour les touristes, mais je n’imaginais pas couvrir une telle distance à leur bord. Le double changement, de chauffeur, chacun ayant sa personnalité et son style de conduite, et aussi de véhicule, n’a fait que rendre ce parcours que plus intéressant. Et si mes genoux ont un peu souffert du voyage, ils s’en sont finalement vite remis. Je pense maintenant que j’ai acquis toutes les connaissances pour conduire à la mode locale, différente de la manière européenne certes, mais généralement prudente et surtout très détendue et amicale, usant et abusant de l’avertisseur sonore, des appels de phares et des gestes du bras et de la main.

img_2629Une autre occasion de vérifier cette sympathie sur la route se présente lors de notre panne mécanique de la Ford. Car oui, ces jolis engins tombent assez souvent en panne, des pannes banales et souvent simples à réparer pour un connaisseur pourvu d’une bonne caisse à outils, je pense. C’est le cas de notre chauffeur, qui fait le bon diagnostic avant même de s’arrêter : problème d’échappement. Il sort quelques outils du coffre, ouvre le capot et se met à l’œuvre. Il n’y en aura que pour quelques minutes et pourtant plusieurs voitures, notamment d’autres taxis, ralentiront ou même s’arrêteront, malgré les gestes et paroles rassurantes de notre chauffeur, pour savoir si nous avons besoin d’aide.

Autre avantage du colectivo sur le bus, nous pouvons choisir où et quand nous arrêter, voire même faire des petits détours à but touristique. Ainsi, plutôt que de le contourner, nous traversons le centre ville de Cienfuegos, ville chargée d’histoire et haut-lieu de la révolution cubaine. Nous remarquons qu’ici la plupart des taxis pour la ville et ses proches alentours, que ce soit pour les locaux ou les touristes, sont des petites charrettes tirées par un cheval. A La Havane, et je verrai qu’il en est de même à Trinidad, ce sont plutôt des tricycles comme il peut en exister en Asie.

À l’approche de Trinidad, nous passons entre d’immenses champs de canne à sucre, même si la région en comptait encore bien plus il y a 200 ans. Nous longeons aussi la côte caraïbe pendant quelques kilomètres. J’ai lu qu’une des meilleures plages cubaines sur cette côte, playa Ancón, se trouve à une quinzaine de kilomètres de Trinidad. J’irai sans doute vérifier.
Enfin, nous arrivons au terme de ce long trajet, fatigant mais sans aucun doute son double caractère spatio-temporel en valait la peine. Me voici donc maintenant pour deux ou trois jours à Trinidad, l’une des premières villes à être fondée lors de la colonisation de Cuba. Plusieurs panneaux l’indiquent à travers la ville, elle a fêté son 500ème anniversaire en 2014. Jadis portée par la production de canne à sucre, sa fortune s’est arrêtée net dans la deuxième moitié du 19ème siècle, les plantations ayant été dévastées par les guerres d’indépendance. C’est ainsi que, depuis lors, Trinidad a gardé presque intact son patrimoine colonial. Elle bénéficie en outre depuis près de 30 ans de son inscription au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, synonyme de revenus touristiques et de financements pour sa restauration. La ville elle-même, ses rues pavés, son style colonial préservé et son histoire ne sont pas sans me rappeler Ouro Preto, au Brésil.

  🇪🇸 Traducción del título desde el inglés: « cincuenta-cincuenta y los años cincuenta »

El martes por la mañana, tras mi quinta noche en Viñales, salía para Trinidad. Siguiendo las recomendaciones de Daimarelys, mi anfitriona, preferí la opción del colectivo, o taxi compartido, a la del bus porque para 3 CUC más (menos de 3 €), esta fórmula tiene la ventaja de ser más rápida – casi 7 horas sin embargo -, más personalizada (puerta a puerta), y también más auténtica sin duda.

Con más de 15 minutos de antelación sobre lo previsto, el taxista ya está. Estoy casi listo, me despido de Daimarelys y me junto con él en la calle. Y entonces, primera sorpresa, el coche es un lindo americano rojo de los años 50. El conductor me dirá un poco más tarde que se trata de un Chevrolet de 1952. El motor y la transmisión han sido cambiados, varias veces ya me imagino. Ahora son de marca Hyundai. Vamos a recoger a los otros pasajeros, un grupo de cuatro amigos alemanes de Múnich. La segunda sorpresa es que no son puntuales. ¡Ya, los prejuicios no valen para nada! La tercera sorpresa, es que todo cabe en el Chevrolet: los equipajes grandes en el maletero, el taxista, sus cinco pasajeros y algunas mochilas pequeñas en el habitáculo. El conductor me asigna el sitio probablemente más incómodo, él de delante en medio, porque soy el más pequeño y también el único en poder hacer de intérprete entre español e inglés, ya que los cuatro alemanes no dominan el español. La cuarta sorpresa es que habrá un cambio de conductor, y de vehículo consecuentemente, en la periferia de La Habana. Aquí se trata de un arreglo entre taxistas por lo cual no tengo nada que decir. Sin embargo, parece que eso choque con el espíritu riguroso de algunos de los otros pasajeros, que no entienden especialmente que tengamos que pagar la mitad del precio al primer taxista y la otra al segundo, a pesar de que el segundo tenga un recorrido mucho más largo. Por mi parte, le veo un aspecto práctico – un billete de 20 CUC a cada uno en lugar de cálculos et devolución del cambio complicados – y también entiendo que el acuerdo implica un servicio de otros pasajeros para recoger en La Habana por el primer conductor, que igual son menos, yo que sé… Reconozco también que el hecho de hablar español, la puesta en relación por Daimarelys y la buena conversación con el taxista implica más confianza.
Por La Habana, el otro taxista nos está esperando. Nos quedamos en los años 50, pasamos del rojo al verde y cambiamos de marca: ahora estamos en un Ford de 1956, con motor y transmisión Mitsubishi. Perdemos un poco en comodidad pero por mi parte, disfruto la experiencia. Claro que había visto, tanto en La Habana como en Viñales, que estos coches de unos 60 años atrás hacían de taxis, especialmente para turistas, pero no me imaginaba cubrir tanta distancia a su bordo. El doble cambio tanto de conductor, cada uno teniendo su personalidad y su estilo de conducir, como de vehículo, sólo hizo que este recorrido sea más interesante. Y aunque mis rodillas sufrieron un poco por el viaje, al final se recuperaron rápidamente. Pienso ahora que he adquirido todos los conocimientos para conducir a la manera local, distinta de la europea, claro, pero en general prudente y sobre todo muy relajada y amistosa, usando y abusando del claxón, de los señales de faros et de los gestos del brazo y de la mano.
Otra ocasión de comprobar esta simpatía en la carretera se presenta cuando nos ocurre una avería mecánica en el Ford. Pues sí, estas lindas máquinas suelen tener bastante averías, en general averías muy comunes y sencillas de arreglar para alguien que conozca y que tenga una caja de herramientas, pienso yo. Ese es caso de nuestro taxista, que hace el buen diagnóstico antes mismo de parar: problema con el escape. Saca unas herramientas del maletero, abre el motor y se pone a la obra. Sólo hará falta unos minutos pero varios coches, especialmente otros taxis, frenan o incluso paran, a pesar de los gestos y de las palabras de nuestro conductor, para asegurarse que no necesitamos ayuda.

Otra ventaja del colectivo sobre el bus, es que podemos elegir dónde y cuándo parar, e incluso hacer unos pequeños desvíos a fines turísticos. Así, mejor que rodearlo, atravesamos el centro ciudad de Cienfuegos, ciudad cargada de historia y lugar destacable de la revolución cubana. Nos fijamos que aquí la mayoría de los taxis para la ciudad y sus alrededores, sean para locales o turistas, son pequeños carros llevados por un caballo. En La Habana, y veré qué es igual en Trinidad, son más triciclos tipo Asia.

Acercándonos de Trinidad, pasamos entre inmensos campos de caña de azúcar, incluso si la zona contaba mucho más de esos 200 años atrás. Vamos siguiendo la costa caribeña durante unos kilómetros. Leí que una de las mejores playas cubanas en esta Costa, playa Ancón, se encuentra a unos 15 kilómetros de Trinidad. Probablemente iré a comprobar.
Finalmente, llegamos al término de este largo viaje, un viaje que cansa pero sin duda su doble carácter espacio temporal merecía la pena. Pues ahora estoy para dos o tres días en Trinidad, una de las primeras ciudades que fueron fundadas durante la colonización de Cuba. Varios carteles lo indican, la ciudad celebró su 500 aniversario en 2014. Anteriormente llevada por la producción de caña de azúcar, su fortuna se paro de repente en la segunda mitad del siglo XIX, dado que las plantaciones fueron devastadas por las guerras de independencia. Es así que, desde entonces, Trinidad conservo casi intacto su patrimonio colonial. Además, desde más de 30 años, se beneficia de su inscripción al patrimonio de la humanidad por la Unesco, sinónimo de ingresos turísticos y de financiación para su restauración. La ciudad en sí, sus calles pavimentadas, su estilo colonial preservado y su historia me hacen recordar bastante Ouro Preto, en Brasil.

A propos Rémy

FR - Voyageur, blogueur, citoyen du monde, humaniste écologiste, nomade digital. ES - Viajero, bloguero, ciudadano del mundo, humanista ecologista, nómada digital. EN - Traveler, blogger, citizen of the world, humanist and ecologist, digital nomad.
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4 commentaires pour Fifty-fifty and the fifties

  1. Mónics dit :

    Para las vacaciones me voy a tener que comprar un Chevrolet como éste para que me entre todo!!
    Precioso coche!

  2. Que de bonnes expériences locales ! Mais pas plus d’affinité avec les allemands ?

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